J'ai envoyé 500 CV pour trouver mon alternance dev. Une seule entreprise m'a répondu.
Comment j'ai appris en autodidacte, comment j'ai trouvé un patron par épuisement, et pourquoi un an d'alternance ne m'a pas suffi.
Après le drop shipping, je voulais rentrer dans une alternance de développement web.
J’avais commencé à coder en autodidacte pendant ma blessure, j’aimais ça, et je voulais structurer cet apprentissage avec un cadre. J’ai trouvé une école en ligne. L’inscription était validée. Il me manquait juste une entreprise pour signer le contrat.
C’est là que la vraie galère a commencé.
500 CV, 1 réponse
J’ai envoyé environ 500 CV. Une seule entreprise m’a répondu. Une.
À ce moment-là, mon CV ne ressemble à rien. Boulangerie, maçonnerie au black, ébénisterie interrompue, un peu de drop shipping. Aucun diplôme tech. Aucune expérience pro déclarée dans le code. Quand un recruteur ouvre ce CV, il a aucune raison rationnelle de m’appeler.
J’envoyais quand même. Tous les jours. Postes Junior, Stage, Alternance, n’importe quoi qui touchait au web. Je copiais-collais ma lettre de motivation, je l’adaptais un peu, j’envoyais. La plupart du temps, pas de réponse. Quelques fois, un refus automatique.
Un seul appel. Une boîte à Sophia Antipolis.
L’entretien
Entre l’envoi de mes premiers CV (vers février-mars) et le début prévu de l’alternance (septembre), j’avais six mois. J’ai utilisé ces six mois pour bosser le JavaScript en autodidacte. Le HTML/CSS, je le maîtrisais déjà bien grâce au drop shipping, j’avais passé des nuits à modifier des templates Shopify.
À l’entretien, je tombe sur le directeur technique. On parle code. Je lui montre ce que je sais faire en HTML/CSS, je lui parle de ce que j’ai appris en JS. Il est surpris du niveau pour quelqu’un sans formation. On accroche.
Il me prend.
Pendant des mois, j’ai cru que c’était mon mérite. Avec le recul, c’est plus simple : il a vu quelqu’un qui avait appris seul pendant des mois sans prof, sans école, sans encadrement. Ce signal-là est plus fort qu’un diplôme pour un directeur technique. Il sait que cette personne ne lâchera pas au premier bug.
On continue ?
Un an dans une boîte qui faisait que du PHP
L’entreprise faisait deux gros sites e-commerce, plus de 20 millions de chiffre par an. Tout le code était en PHP. Pour ma première expérience pro, c’était une bonne école.
Je débarque dans un environnement structuré, avec une vraie codebase, des collègues qui savent ce qu’ils font, des process. Le contraste avec mes mois d’autodidacte solitaire devant Shopify est violent.
Il m’a fallu plusieurs mois pour m’adapter. Je n’avais pas les bons réflexes, je ne savais pas comment poser les bonnes questions, je ne maîtrisais pas les outils du métier (Git, debug, code review). Je me sentais souvent en retard sur tout.
Mais quelque chose s’est débloqué assez vite : je me suis rendu compte que je voulais aller plus loin que ce que l’alternance me proposait.
Le moment où l’alternance ne suffit plus
L’alternance m’apprenait le PHP en environnement entreprise. C’était utile, mais c’était cadré sur leurs besoins à eux. Moi je voulais comprendre comment fonctionnait un ordinateur, pas juste empiler des fichiers PHP.
J’ai commencé à apprendre le C en parallèle, le soir et les week-ends. Puis le C++. J’ai compris à ce moment-là que le code, ce n’était pas juste un métier, c’était un terrain où on pouvait creuser indéfiniment.
C’est ce qui m’a poussé vers l’école 42. Je voulais le niveau d’exigence que l’alternance ne pouvait pas me donner. La piscine arrivait au début de l’année suivante. J’ai posé un mois de vacances. Je leur ai dit : je vais tenter l’école 42.
Mais ça, c’est une autre histoire 😎.
Ce que je retiens
Quand tu n’as pas le profil standard, tu ne joues pas au même jeu que les autres. Tu n’es pas dans la sélection des CV qui passent les filtres. Tu es dans la sélection de l’humain qui, par hasard, ouvre ton CV et te donne une chance.
Cette sélection-là est une loterie. Et la seule façon de gagner à la loterie, c’est de jouer beaucoup. Pas d’optimiser ton ticket.
Si tu cherches à entrer dans un métier sans avoir le profil attendu, la quantité bat la qualité. Tu n’as pas un meilleur CV à écrire, tu as 500 entreprises à contacter. C’est moche, c’est démoralisant, c’est inefficace, et c’est la seule chose qui marche.

